Quand Bloom fait plouf

Il y a des combats nécessaires, des alertes utiles, et puis il y a des moments où une association réussit surtout à se tirer une balle dans le pied. L’affaire de la plainte déposée par Bloom contre une publicité de Intermarché relève clairement de la troisième catégorie.

On parle ici d’un conte publicitaire de Noël, symbolique, sans message scientifique, sans promesse écologique, sans injonction morale explicite. Et face à cela ? Une plainte, une posture indignée, un discours de faute morale. Le décalage est tel que l’on ne sait plus s’il faut en rire ou en être consterné.

Cette initiative n’éclaire rien, ne protège rien, ne sauve aucun poisson et n’améliore en rien l’état des océans. En revanche, elle déplace brutalement le projecteur : on ne parle plus de surpêche, mais de Bloom elle-même. Et pas en bien. Quand la réaction est plus bruyante que l’objet qu’elle prétend dénoncer, c’est généralement mauvais signe.

Le plus troublant reste l’incohérence. Beaucoup de ces milieux critiquent la judiciarisation à l’américaine, la justice spectacle, la plainte comme arme morale. Pourtant, ils adoptent exactement ce réflexe dès qu’un symbole les heurte. Désaccord ? Plainte. Malaise idéologique ? Procédure. On ne débat plus, on saisit une instance.

À force de morale hors-sol, de combats mal ciblés et de procédures sans enjeu réel, Bloom affaiblit sa propre parole. Donner des leçons suppose une exemplarité, une proportion, et un minimum de courage politique. Ici, on a surtout une cible facile, peu de risque, et beaucoup de bruit.

Résultat : Bloom fait plouf.
Pas à cause de ses adversaires, mais par excès de posture et déficit de réalité. Et c’est sans doute le pire service qu’on puisse rendre à une cause pourtant sérieuse.

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